Les chroniques d’Escobar56

Chroniques hip hop, soul, pop/rock & black music.

Fat Joe – Jealous Ones Still Envy 2 (J.O.S.E.2) 7/20

avec 2 commentaires


Je le craignais, je le sentais, mais je refusais de l’admettre. Or, cette fois, j’en ai la certitude. Fat Joe, l’artiste, n’est plus. Avec ce neuvième opus, le Don vient de signer son arrêt de mort. Puis après tout, il l’a bien cherché. 50 Cent l’avait prédit et pour une fois cet escroc avait raison. Rest in peace Joe Crack. Que ton âme d’artiste repose en paix. Après une série d’albums médiocres, J.O.S.E. part.2 était ta dernière cartouche, ton va-tout, mais tu n’as pas su le saisir. Mieux, tu as fais pire ! Ton ralliement avec les gros bonnets du South était vraiment une sale idée. Mais tu n’as eu que faire des critiques. Sauf que quand on est du nord comme toi, du Bronx en l’occurrence, on ne se naturalise pas ‘miamian’ comme ca. Aujourd’hui, peut être sans que tu t’en rende compte, tes fans s’égrainent, tes ventes décroissent et ta ‘street cred’ touche le fond. Pourtant, sortir une suite à ton J.O.S.E. paru en 2001 était une pensée louable. Dommage gros. A présent au fond du puits, les parois sont glissantes et il te sera très dur de remonter à la surface.

 Je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi Fat Joe s’est évertué à poursuivre dans cette vibe dirty qui lui va comme un tutu irait à Mike Tyson. Certes, Big Pun est mort ce qui a plus ou moins causé la fin du Terror Squad mais quand même, là, le deuil est lourd. Depuis Loyalty, Joe a pris des contacts à Miami et a décidé d’y faire ses classes. Comme ses nouveaux copains, Monsieur veut faire du cash, rouler en Maybach et avoir des dizaines de nanas à ses pieds. Alors pour ce faire il fait pleuvoir des liasses avec Lil Wayne, se crame un barreau de chaise avec Rick Ross et roule dans South Beach avec DJ Khaled. C’est bien… mais non ! Ce n’est ni le Fat Joe qui nous a fait rêver sur Represent, ni celui qui colorait les tracks de son accent latino sur Don Cartagena. Ce nouveau Fat Joe est apathique, fade, et presque has been. Pour ca qu’à mon sens, J.O.S.E. 2 ne mérite pas cette appellation et déshonore, par dessus le marché, le premier volet. Il n’y a guère que la fin du disque qui sauve Joe Crack de la déconvenue totale, car en plus, les charts aussi l’on blâmé. 8300 ventes en première semaine, on est à des années lumières de l’apogée du Don.

 Hormis « Ice Cream » (feat. Raekwon et TA) sauvé par la production de T-Weed et la « Music » jouée par Infamous et Slick, c’est faible, vilain et inintéressant. Le single censé promouvoir l’album, « One », n’a dénoté aucun impact sur le public vu les chiffres de vente, et on comprend pourquoi en l’écoutant. On en arrive à attendre le refrain d’Akon avec impatience tellement les couplets sont chiants et désespérants ! Et même si « Joe Don’t Do It », le deuxième extrait, est mieux car plus street, ce n’est qu’un ersatz de réussite.

Alors bien sûr on a droit à des tartines d’auto-tune comme sur ce « Winding On Me » (feat. Lil Wayne et Ron Browz) qui suffirait à lui seul à faire vomir un régiment entier, ou sur l’infecte « Aloha ». Mais c’est bien quand Lil Kim joue les « Porn Star » que la médiocrité atteint des sommets. De même, je déconseille une écoute abusive de « Put Ya In Da Game » si vous êtes sujet aux gastroentérites où que vous êtes T-Painophobe.

 Bien aimablement, Fat Joe nous a gardé le meilleur pour la fin. Et pour une fois, ce n’est pas ironique. On note une once de mieux sur « Congratulations » même si, de nouveau, c’est l’instrumental funky d’Eric Hudson qui rattrape le coup. Comme dit précédemment, « Ice Cream » est à classer dans la catégorie ‘correct’. « Okay Okay », plus sombre, est pas mal non plus, quant à « Blackout », c’est étrange. Swizz Beatz a pondu là un drôle d’instru. Tantôt ca tue, tantôt c’est nullissime. Tout dépend de l’humeur du moment (mais la plupart du temps c’est dégueu…). En somme, seul un morceau, le dernier, est vraiment bon : « Music » feat. Cherlise. On en restera là, je crois que c’est préférable.  

 Je pense avoir suffisamment explicité sur ce neuvième album du Gros Joe. C’est pas bon, pas bon du tout même. Pour nous, mais surtout pour lui. Car nous, ce n’est pas bien grave, on pourra toujours aller se consoler ailleurs. Tandis que lui file un mauvais coton. 11000 exemplaires écoulés après deux semaines dans les bacs, une sortie illico presto du top 10 des meilleures ventes et aucun buzz pour ce J.O.S.E. 2, les temps sont (très) durs. Qualitativement, Fat Joe est en constante régression depuis Loyalty, on va dire. Cet opus ci devait lui redonner un coup de fouet alors qu’au lieu de cela, il risque de se recevoir un coup de massue sur la tête. Cette situation me fait subitement penser à celle de LL Cool J : plus d’inspiration, plus de hargne, plus d’envie croirait-on, ou tout simplement plus dans le coup. La carrière de Fat Joe semble scellée, son avenir se regardera désormais dans le rétroviseur. C’est triste à dire, mais toutes les bonnes choses ont une fin. Sale temps pour les gros !

7 / 20

2 réponses

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  1. Bonne chro’
    Y a longtemps que je pense que ce mec est mort, son dernier bon album remonte à Don Cartagena pour moi après j’ai lâché. Je me demande toujours comment il a pu passer de trois bons albums à une merde aussi infecte, d’autant plus qu’il faisait parti du DITC, excellente référence underground made in NYC. Bref j’ai écouté pour voir mais je ne peux pas vraiment noter, je mettrais probablement un 5/20. Voilà ce qui arrive quand on veut être un rappeur à minettes et qu’on veut faire du son de club. Et dire qu’il voulait faire un truc plus “sérieux”, plus “vrai” blablabla, toujours les mêmes effets d’annonce quoi.

    Crazy Horus

    novembre 4, 2009 à 8:08

  2. J’ai écouté une fois. Direct poubelle. Infame bouse qu’il nous a pondu le FJ. Ca vaut pas plus que 7 à mon goût aussi. Seul Congratulations passe… Le reste, no comment :D

    eddy

    novembre 5, 2009 à 8:42


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