Les chroniques d’Escobar56

Chroniques hip hop, soul, pop/rock & black music.

Jackson forever

avec 2 commentaires

Flash spécial. Article spécial. La nouvelle est à peine croyable pourtant elle est bien réelle. Michael Jackson est décédé jeudi 25 juin, dans la soirée, à l’hôpital de Westwood (Los Angeles). En quelques minutes, l’information a envahi les réseaux d’Internet et n’a point tardé à gagner nos médias. Pour ma part, j’aurais attendu le 26, en toute fin de matinée, pour en être informé. Lorsqu’un journaliste radio a commencé à parler d’hommages au “roi de la pop”, mon attention s’est décuplée. Puis, rapidement, un de ses confrères à confirmé l’annonce : ” La star Michael Jackson s’est éteinte hier soir d’une cirse cardiaque. Il avait 50 ans “. Je suis resté bouche bée, les sourcils froncés, l’oreille tendue vers le poste radio. Comme la plupart des gens, il m’a fallu un temps de réaction relativement conséquent : ” Attendez, c’est sérieux là ? C’est bien de Michael Jackson dont-il s’agit ? ” – pensais-je. Les témoignages se sont succédés, de même que les interviewes, puis 20 minutes sont passées. 20 minutes pour prendre conscience de l’ampleur de la tragédie. Le 25 juin 2009, à 14h26 heure locale, le monde venait de perdre sa star N°1, toutes catégories confondues.

La mort d’une personne, quelle qu’elle soit, est toujours un drame et jamais au grand jamais, un être humain digne de cette appellation ne pourra se réjouir de la disparition de quelqu’un. Cependant, nous sommes forcés d’avouer que suivant la notoriété et la popularité, certains sont davantage pleurés que d’autres. En atteste le cas Jackson qui, à seulement 50 ans, avait déjà acquis un statut de légende planétaire. Aussitôt après l’annonce de son décès, les commentaires et les hommages ont pullulé sur Internet, prenant d’assaut les forums et autres sites dédiés au King of pop. Comme si notre Terre venait soudain d’être frappée par la plus grande catastrophe de ces cinquante dernières années, la nouvelle s’est répandue aux quatre coins du monde, de New York à Bombay, de Tokyo à Sydney, faisant l’effet d’une bombe. Des larmes, du chagrin, des scènes de joie, de liesse, de recueillement, la journée du 26 juin fut placée sous le signe de l’émotion. Un seul nom résonnait alors dans les esprits : Michael Jackson. Ce jour là, il suffisait de sortir de son lit pour mesurer l’impact de sa mort. Des plus grandes métropoles étasuniennes aux patelins français les plus paumés, toutes les radios, télés, journaux, rendirent hommage à celui qui plaça, à partir de 1979, la musique noire sur orbite.

Michael Jackson, avant même d’être un artiste exceptionnel, était un personnage à part. Un être hors du commun. Fraîchement sorti du ventre maternel, son père, véritable tyran, l’obligeait à chanter et à danser, n’ayant qu’une seule chose en tête : faire de son fils une star. A six ans, le jeune Michael – septième d’une famille de neuf enfants – faisait déjà de l’ombre à ses grands frères au sein des Jackson 5, son premier groupe. Doté d’un charisme, d’une voix, d’une prestance et d’une gestuelle incroyable pour son âge, Michael Jackson se fit rapidement un nom dans la Motown de Berry Gordy, prestigieux label “noir” né en 1959 à Détroit. Ces années là, les Jackson 5 enchaînèrent les albums à succès. “ABC“, “I Want You Back“, les chansons des cinq frères devinrent des hits. Parallèlement, Michael avait débuté une carrière solo. Off The Wall, son premier opus, sortit en 1979 sur le label Epic. Cet essai marqua également le début d’une longue et géniale collaboration avec le producteur Quincy Jones qui s’acheva en 1987 sur l’album Bad. Quand parut ce disque, le beau black aux narines épatées époque Motown et Jackson 5 s’était transformé en homme blanc, doté d’un nez aussi menu que celui d’une top model anorexique. Par la suite, dès qu’un nouvel opus sortait, le faciès de Michael Jackson se détériorait chaque fois un peu plus. A partir des années 2000, le chanteur faisait peine à voir. Pourtant, ses albums se vendaient toujours en masse. Certes, moins qu’au temps de Thriller ou de Bad, mais se vendaient encore très bien. En tout et pour tout, de son vivant, Michael Jackson aura vendu environ 750 millions de disques ! Un chiffre faramineux. Et nul doute que depuis l’annonce de sa mort, le nombre a considérablement augmenté. A seulement 50 ans, il était le plus gros vendeur de disques de l’histoire.

Michael Jackson est désormais au panthéon. Je ne reviendrais ni sur ses ennuis judiciaires, ni sur ses accusations de pédophilie mais sur l’homme qu’il était et sur la vie qu’il a mené. Surnommé Bambi ou Peter Pan par ses pairs, Jackson était un éternel gamin. Il faisait parti de ces spécimens – nés génies – qui n’ont pas eu la même existence que les autres hommes. Forcé au labeur à un âge où l’on joue aux Legos et aux petites voitures, Michael Jackson a été éduqué par la scène, les paillettes … et les coups. L’actrice et proche du chanteur Liza Minnelli l’avouera plus tard, notamment le 26 juin au soir : ” Michael n’a pas eu d’enfance “. Du coup, toute sa vie à partir de sa majorité se sera déroulée comme celle qu’il aurait dû mener entre 0 et 15 ans. Son ranch de Neverland et ses parcs d’attractions, ses rapports intimes avec de jeunes enfants, son incapacité à gérer son argent, tout cela ne fut que le résultat d’une enfance brisée, quasi inexistante. En dehors de cela, Michael Jackson savait être – parait-il – très dur en affaire. Il avait aussi la réputation d’être extrêmement perfectionniste, toujours en quête de réussites absolues. D’ailleurs, si il ne l’avait pas été, pas sûr qu’il aurait connu un tel succès.
Personnalité hors normes, unique en tout points, Michael Jackson était avant tout un artiste génial. Nous lui devons la popularisation de la musique noire américaine mais aussi des chorégraphies hallucinantes. De son Moonwalk – inspiré du mime Marceau – à ses danses endiablées dans le clip de “Bad“, Jackson aura influencé une quantité inimaginable d’artistes d’aujourd’hui.

Le 29 août, il aurait eu 51 ans. Et tout compte fait, je me demande si il n’est pas mieux là ou il est maintenant. Je n’envie en aucun cas son existence car Dieu sait combien il a pu en souffrir. Ces vies là ne sont pas faites pour les êtres humains. Grandir de la sorte, connaître un tel succès et évoluer sous une pression permanente de 6 à 50 ans n’est guère enviable. Au final, nous seul aurons été les bénéficiaires de son génie.

Pour des millions, voire des milliards d’hommes sur Terre, Michael Jackson était un héros, une sorte de légende vivante. Le 25 juin 2009, à l’annonce de sa mort, c’est un mythe qui s’est effondré pour ces mêmes millions de personnes. Pour ma part, cette date restera pour toujours synonyme d’émotion. Un monument de la musique s’en est allé. Une nouvelle ère démarre, celle de l’après Michael Jackson. Nul doute que sa carrière posthume sera à la hauteur de son talent. Mes petits enfants écouteront encore Thriller dans cinquante ans, c’est une certitude. Cet homme était un génie, sa musique sera éternelle. Jackson forever.

2 réponses

Souscrire aux commentaires via RSS.

  1. p’tain. C’est vrai que même quelques jours après son décès, je n’arrive pas à me dire “Jackson est parti”. C’était pas mon artiste préféré. Mais il est et restera à jamais une légende de la musique. Je ne connais même pas le tiers de sa discographie mais il reste une immense figure de la chanson. Que son âme repose en paix désormais…

    eddy

    juillet 6, 2009 à 9:56

  2. Je dois avoir des rétros de ses albums en stock mais je dois les retravailler car elles ont 5 ans…

    Je pense faire un hommage très personnel à Micheal Jackson sur Streetblogger avant la fin du mois.

    Sagittarius

    juillet 9, 2009 à 11:20


Laisser un commentaire