Les chroniques d’Escobar56

Chroniques hip hop, soul, pop/rock & black music.

Busta Rhymes – Back On My B.S. 8/20

avec 8 commentaires


Back On My Bullshit ou comment se dégoûter d’un artiste en une leçon. Tel aurait pu être l’intitulé de cette nouvelle chronique consacrée au huitième opus de Busta Rhymes. A vrai dire, je n’attendais plus ce disque. Les quiproquos engendrés par l’annonce de son départ de chez son collègue Dr Dre n’ont fait que nuire au Mc de Brooklyn. L’histoire est compliquée. Toute cette mascarade est partie d’une engueulade entre Busta et Jimmy Iovin, le patron d’Interscope, à la suite de quoi Bus-a-bus s’est vu contraint de quitter le label pour signer sur Universal Motown. Qui l’aurait cru ? Mais tout cela n’est que la partie immergée de l’iceberg car en surface, l’album a changé de nom au moins six fois, de pochette cinq fois et de tracklist dix fois, au bas mot. Bref, du grand n’importe quoi. Dans ce foutoir monstre, le bon single “We Made It” (feat. Linkin Park), prévu au départ, s’est vu remplacé par une ordure connue sous le nom d’ “Arab Money“. Sous ces tristes hospices, la promo de Back On My B.S. pouvait alors commencer.
Tous ayant encore en tête l’ovni qui lança le Big Bang en juin 2006 (“Touch It“), personne ne compris la nouvelle direction musicale prise par Busta sur ce morceau. Comment un artiste aussi atypique que lui et ayant apporté autant au hip hop a-t-il pu tomber dans l’impersonnalité de l’auto-tune ? Cette question tourbillonna dans mon esprit un certain temps avant la sortie de l’album et suffit à m’écœurer du projet. Puis il faut dire qu’avec toutes ces affaires, celui-ci ne s’annonçait pas très bien. Mais quand même, Busta Rhymes reste Busta Rhymes, par conséquent la sortie d’un nouvel opus reste un événement en soit. Enfin ça, c’est ce que l’on était en droit de se dire avant l’écoute, avant le délit auditif…

Que l’on se le dise, Back On My Bullshit est un mauvais album. C’est un fait. Mais pour un artiste de cette envergure, c’est un crime. Busta Rhymes est de ceux qui nous avaient encore jamais réellement déçu. Il y eu des albums meilleurs que d’autres, certes, mais c’est ainsi pour tout artiste. A fortiori, ce n’est que peu blâmable. En revanche, ce huitième opus est, comme je l’ai dis, un véritable délit culturel. Une honte pour le hip hop mais surtout pour Busta car entre nous, celui qui a le plus à rougir, c’est bien lui.

Back On My Bullshit ou comment un MC de renom a perdu sa street credibility. Lecon 1 :

Vous êtes extrêmement doué, votre réputation au sein du rap game n’est plus à faire. Vous êtes dans le milieu depuis près de vingt ans et de ce fait, n’avez plus rien à prouver à qui que ce soit. En revanche, la pléthore de vices qui font vendre des albums aujourd’hui vous attire intensément. Seul risque pour vous : perdre votre identité musicale et donc votre crédibilité. Mais peu importe, ce business vous tente trop donc vous y foncez tête baissée. Premièrement, vous prenez soin de bien alerter vos fans qu’un changement douteux va s’opérer en sortant un single tendance, chanté à l’auto-tune par exemple. Le buzz prend moyennement donc vous décidez de sortir un second hit plus ciblé sur les dancefloor cette fois ci. Vous le baptiser “World Go Round” et invitez dessus une fille en vogue en ce moment – mais pas trop ridicule non plus – pour faire danser les jeunes adolescentes. Hum, voila qui est mieux. Les plus grandes radios ‘djeunss’ passent votre morceau en boucle. Vous êtes aux anges.
La sauce prend alors vous continuez dans cette mélasse commerciale et impersonnelle. Sur “Hustler’s Anthem 09” vous conviez T-Pain à la fête, évidemment, quoi de plus normal ? Bravo car sur ce titre, vous faites fort. C’est peut être le plus mauvais de l’album. Un vrai cauchemar pour les oreilles. Chapeau bas. Oups, nous avons peut être parlés trop vite. N’oublions pas “Kill Dem” (feat. Pharell et Tosh) et “I’m A Go And Get My… ” sur la liste est attentats vocaux. Sur le premier, avouez que les Neptunes se sont quand même bien foutus de vous. Même sur le second, DJ Scratch n’a pas été très inspiré. Mais vous, vous continuez à apprécier. Après tout, c’est votre droit, votre choix, votre nouveau projet.

L’auto-tune sur une seule piste ? Non, ce n’était pas assez. Alors sur “We Want In” vous rappelez ce bon vieux Ron Browz (c’est qui ce nouveau boulet ?) pour remédier à l’affaire. A coté, votre pote du Flipmode Squad, Spliff Star, fait pâle figure. De l’auto-tune sur deux pistes ? Non, ce n’est toujours pas suffisant. Donc vous faites cette fois ci appel à Jelly Roll sur “We Miss You” pour arranger le problème. Côté rendu, ne vous en faites pas, c’est toujours aussi infâme à entendre. Aucune âme, absolument aucune. Etcetera, etcetera. Vous serez probablement fort satisfait du résultat final.

Toutefois, vous jugez qu’il est peut être étrange de tomber aussi brutalement dans tous ces délires pro-commerciaux à la mode, donc vous incrustez sur votre opus une œuvre, la seule de cet album. “Decision“. Au cas ou vos fans de la première heure décideraient de vous écouter – ce qui ne risque pas d’arriver – vous appelez des invités prestigieux pour collaborer sur ce titre. Common, John Legend, Jamie Foxx, Mary G Blige plus vous, ça fait beaucoup. Mais en fin de compte, non, ce n’est pas assez du tout. On n’en aurait voulu plus, beaucoup plus mais vous nous avez sevré de bonne musique Monsieur Rimes. Comme pour nous dégoûter et nous frustrer de ce que nous venons d’entendre, vous clôturez votre disque sur ce vomitif “World Go Round“. Congratulations.

Busta Rhymes n’est plus le même homme, ce n’est pas possible. Mais qu’a t-il bien pu se passer dans sa tête pour qu’il nous face une telle farce ? Back On My B.S. est raté, archi raté. Espérons que ce soit un simple écart dans sa discographie et que l’ogre des micros qu’il est nous revienne meilleur – plutôt moins pire – à l’avenir. Cet opus est un torchon bariolé d’instrumentaux irritants, de productions infernales et de collaborations horripilantes. Il n’y a pas la moindre touche de cohérence sur ce projet, à tel point que “Decision“, le seul intérêt du disque, n’a aucunement sa place ici tant le reste lui est diamétralement opposé. C’est à n’y rien comprendre. B.O.M.B. est une aberration venant d’un pilier comme Busta Rhymes. L’oublier vite, très très vite est le meilleur conseil que je puisse vous donner.

8 / 20

8 réponses

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  1. Très dèçu de l’album. Normalement avant d’acheter un album je l’écoute pour savoir si il est bien, si c’est le cas je l’achete. Mais cette fois-ci je l’ai acheté sans l’avoir écouté en entier, mais connaissant Busta je m’attendais à du lourd.(Je connaissais “arab money”, “world go round”, “respect my conglomerate”, “decision” et “don’t believe ‘em”). Mais j’ai été vraiment déçu !!
    J’aurais aimé un cd bonus avec : we made it, throw it up, et g-stro -) des bombes !!
    Ma note : 13.
    Mes sons préférés : “world go round”, “respect my conglomerate”, “don’t believe ‘em” et “we miss you”.

    RemY

    juin 9, 2009 à 1:53

  2. l’album est moyen sa c’est sur je lui mettrais 11 je pense sur rap2k , je trouve que se qui manque a cette album se son des morceaux marquants (car il y en a marquant de nullité exple Kill Dem , arab money ) j’aime bien le son avec lil wayne et jada , weezy sort un bon couplet je trouve et celui avec t pain que je déteste d’habitude j’ai trouvé sa écoutable même pas mal , ya quelque temps j’aurais mit 13 car je trouvé pas sa catastrophique mais maintenant je trouve sa chiant et je retient 2 morceaux et le reste navique entre nul et moyen .

    organix

    juin 9, 2009 à 7:27

  3. @Remy : Ben dis moi, t’es courageux d’avoir acheté l’album malgré des singles comme “Arab Money” et “World Go Round”. Car même sans avoir écouté l’opus avant, on pouvait se douter qu’il allait être mauvais (à la vue justement de ces singles).

    escobar56

    juin 10, 2009 à 1:22

  4. d’ailleurs pourquoi na tu pas parlé tu morceau avec lil wayne et jadakiss ?

    organix

    juin 10, 2009 à 5:47

  5. moi je l’ai acheté, je l’ai rippé, écouté et je l’ai revendu une semaine après !

    On savait que ça allait être décevant donc on découvre cet album sans surprise. C’est hyper moyen comme album, les deux tiers des beats sont totalement exsangues et Busta est moins qu’un fauve en cage : un animal dressé qui n’a plus qu’à rogner les os…

    Y a “Decision” qui est superbe, “Respect My Conglomerate” est un bon banger, “Shoot The Moon”, et euh… je crois que c’est tout. ça fait chier qu’y ait pas “Dont Touch Me”, “We Made It” et “I Got Bass”… j’aimais bien ces singles.

    Et quel producteur bidon ce Ron Browz, son heure de gloire c’était “Ether” de Nas. Et encore, on s’en foutait de qui avait produit ce son !

    Franchement, sautez sur le dernier Marco Polo & Torae ou Red&Meth (ou le Jadakiss tant qu’à faire) si vous voulez du vrai son made in NYC.

    Sagittarius

    juin 11, 2009 à 7:57

  6. pis ouais, y a du vomi avec ces 4 titres à l’autotune et le morceau house avec Estelle…

    Sagittarius

    juin 11, 2009 à 7:58

  7. @organix : Je n’en ai pas parlé, c’est vrai. J’aurais pu car comme l’a dis Sagittarius juste après, c’est un des meilleurs titres de l’album. Fin’, toutes proportions gardées bien évidemment.
    Ben, tu sais, il fallait que je fasse une critique et vu ce qui m’a été donné d’écouter, j’avais plutôt envie de pousser une gueulante contre Busta et non pas de l’encenser. Donc voila, j’ai choisi de parler du pire sur cet opus. Parfois, ça fait du bien aussi. Ça défoule ;)

    escobar56

    juin 11, 2009 à 9:00

  8. Une catastrophe cet album. Etonnant ce qu’il nous a pondu le Busta. Très très déçu. Seul décision et Shoot the Moon m’ont attiré l’attention. Sinon, les titres avec T pain et/ou Lil Wayne en feat, j’en peux vraiment plus. Ils me cassent les ****** avec leur auto tune à la con… Je vais vite oublier cet album pour écouter le shady pour ma part.

    un minable 7/20 tellement c’est infâme à écouter.

    eddy

    juin 12, 2009 à 10:21


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