Eminem – Relapse 17/20

OUI ! CA Y EST ! ENFIN ! Après des années d’attente insoutenable, des rumeurs à la pelle et des fausses joies à répétition, l’écurie Shady/Aftermath fait son grand come-back. On la voyait morte, finie, enterrée à jamais. Depuis je ne sais combien de temps, Dr Dre ne faisait qu’annoncer des albums qui ne sortaient pas et pour dire vrai, on n’en pouvait plus. Son Detox, le monde l’attend toujours et ça fait six ans que cela dure. C’était trop, vraiment trop. Il fallait quelque chose de grand, de beau, de prestigieux, là, tout de suite, maintenant. Une sortie à la hauteur du talent du docteur qui permettrait de croire de nouveau en l’avenir du label. Et le miracle se produisit… Retenez cela ” Before I Self Destruct, I’ll Relapse, Then Detox ” (” Avant que je ne me détruise, je rechute puis je vais en désintox’ “). Ceci est un code, une suite de mot, une phrase qui nous a permis de patienter des mois durant. Aujourd’hui, à l’heure ou ces lignes sont écrites, le premier chapitre de cette trilogie est sorti. Il se nomme Relapse et a été réalisé entre Détroit et Los Angeles par deux hommes, deux monstres disparus puis ressuscités : Eminem et Dr Dre.
En réalité, cet album débarque un peu comme un cheveu sur la soupe. Alors que tout le monde parlait de Before I self destruct (50 Cent), de The Reformation (Bishop Lamont) et de Detox (Dr Dre), personne ne s’attendait à ce que se soit Eminem qui arrive en premier. Mais chez Aftermath, quand Slim Shady arrive, les autres s’écartent. Respect oblige. Compte tenu de ce retour, Dr Dre fut contraint de mettre ses projets personnels de côté pour se concentrer pleinement sur ce fameux Relapse. Et comme pour lui, un an en représente sept, on se préparait déjà à écouter l’album en 2015. Mais que nenni, c’était sans compter sur le coup d’éclair du doc. Puis faut dire qu’Eminem a du lui mettre une sacrée pression.
L’histoire a débuté en fin d’année 2008 quand une chanson nommée “Crack A Bottle” s’est égarée des laboratoires Shady/Aftermath. Dès lors, les charts US sont entrés en transe. Le single s’est retrouvé premier des ventes et y est resté un temps considérable. Puis, les rumeurs ont commencé à pointer le bout de leur nez, évidemment. Il se murmurait ça et là que cette chanson ne se retrouverait pas sur Relapse comme il était prévu mais sur Before I Self Destruct, le prochain opus de 50 Cent. Et comme les médias ont un pouvoir fou sur les populations, nous y avons cru, petit à petit. Enfin, un beau jour de printemps, ce qui devait être le premier single ne l’était plus. “We Made You” faisait maintenant la promotion de l’album, comme “Crack A Bottle” l’avait fait quelques temps avant. Ensuite, ce fut au tour de “3 A.M.“, une sorte de film d’horreur sensé retranscrire le coté sombre d’Eminem. Tout un processus de commercialisation fut mis en place, jusqu’à cet incroyable 19 mai…
Un tour dans les bacs de la Fnac, juste le temps de se frotter les yeux pour s’apercevoir que non, nous ne rêvons pas. Relapse est bel et bien là, en chair et en os. Croyant à une Nième blague du docteur, c’est à tâtons que l’écoute débute. Les premières secondes passent, l’interlude d’introduction également et finalement, “3 A.M.” – ce terrifiant thriller – prend le relais. Désormais, il n’y a plus de doutes possibles, ce n’est pas une farce de mauvais goût, c’est réel. Eminem nous est de retour après cinq ans d’absence et une avalanche de problèmes personnels. Un mythe se crée ; surtout quand l’écoute se poursuit. Tout est tellement vrai. Du flow ravageur d’Eminem aux lignes de piano du Docteur Dre, la magie reprend, tant de temps après. Rien n’a changé, pourtant tout est nouveau et différent. Ce duo est décidément magistral. Slim Shady a autant les crocs qu’à ses débuts. Le mic est un os, lui un pitbull.
Si Dr Dre s’est enfermé dans son cabinet durant autant de temps, nous ne pouvons plus lui en vouloir. Nous en avons désormais la certitude, ses productions sont magiques. A ce niveau là, le travail est époustouflant. Relapse est peut être l’album d’Eminem le plus soigné côté musique. La précision est chirurgicale, la finition millimétrée. Andre Young tient sa réputation de perfectionniste à merveille.
Le bal débute donc par un “3 A.M.” si prenant qu’il nous donnerait presque des sueurs froides. S’ensuit une pluie de morceaux à s’en briser la nuque. De “My Mom” à “Hello“, les beats de Dre sont tellement puissants qu’il est impossible de décrocher l’attention plus de trente secondes. Eminem a subi tant d’épreuves ces dernières années que ses récits se trouvent imprégnés d’une folie hallucinante. Sur “Insane“, il conte une histoire délirante, affreusement malsaine, retranscrivant les actes d’un pédophile sur un gamin en bas âge. L’instrumental Dréesque est là pour intensifier la frénésie du morceau. Puis, l’interlude “Tonya (Skit)” vient calmer nos ardeurs sans toutefois nous faire lâcher la pression.
“Same Song And Dance” est un titre très glauque, narré par un Eminem plus psychopathe que jamais. Les chœurs en fond musical viennent rajouter une angoisse supplémentaire au texte déjà très hanté du rappeur. Puis vient l’heure de la déconne sur “We Made You“. Malgré les épreuves, Eminem n’a rien perdu de son humour délirant, et ça fait plaisir à entendre. Les pets en débuts de couplet sont toujours là, les vannes bien lourdes également. Une fois n’est pas coutume, les peoples en prennent plein la gueule. Un vrai bonheur.
Puis après ? Pff après… c’est un festival ! “Medecine Ball“, “Must Be The Ganja“, “Deja Vu“, le mot est fort mais j’aurais envie de parler de perfection. Alors certes, Dr Dre fait du Dr Dre, certes Eminem n’a pas mué depuis cinq ans mais qu’importe ? C’est tellement excellent qu’il n’y a rien à dire. Le texte de “Deja Vu” est frappant, touchant et choquant car extrêmement personnel. Slim Shady nous explique comment toutes ces pilules ingérées ont pu le miner et le détruire. Dans le troisième couplet, il lâche notamment cette rime très intéressante au sujet de la mort de Proof, son grand pote assassiné à Détroit en 2006 : ” Wouldn’t even be taking this shit if Deshaun didn’t die, oh yeah there’s an excuse you loose Proof so you use / there’s new rules it’s cool if its helpin’ you to get through “. Ce texte intime et très introspectif débouche sur le bijou du disque : “Beautiful“. Tout n’est que subtilité, classe et émotion. Il s’agit peut être d’un des plus beaux morceaux d’Eminem, tout simplement.
Enfin, cette écoute surnaturelle se parachève sur le hit “Crack A Bottle” ( qui aura finalement eu sa place sur l’album, comme quoi les rumeurs… ) et sur le symphonique “Underground / Ken Kaniff“. Dr Dre termine son opération avec succès. Ses chœurs samplés sur le refrain sont une pure merveille. La production est hachée, saccadée, ravageuse et guerrière. La plus féroce du disque avec “3 A.M.“. Impressionnant.
Le chaos annoncé a bien eu lieu. Après cet envoi, le bloc ressemble à un terrain vague encore fumant, meurtri par les coups de boutoir assénés par Eminem et son docteur. La bataille est gagnée. Elle fut âpre, rude, difficile mais la victoire promise est magnifique. Eminem s’est sorti de son impasse seul, en héros. Il est revenu encore plus fort qu’avant, encore plus affamé qu’à l’accoutumé. Relapse est la plus belle rechute que l’on pouvait espérer. Une dose a suffit à Slim Shady pour retrouver une âme de vainqueur, un tempérament de furieux. A croire que c’est ce qu’il lui fallait pour le voir revenir à son meilleur niveau après un Encore seulement convaincant. Un Relapse 2 est déjà en préparation, le traitement de choc n’est donc toujours pas terminé. 2009 sera-t-elle être l’année d’Aftermath Records ? Avec de tels projets, il y a fort à parier que oui. La nouvelle fut longue à appréhender mais maintenant que l’écurie du Doc est en route, elle va être difficile à arrêter, très très difficile.
Shady is back. Profitons-en sans modération !
17 / 20
Je vois que tu as été tout aussi incrédule et enthousiaste que moi en voyant ce voeu réalisé.
Il est clair que Relapse constituait une double attente : celle du retour d’Eminem et savoir où en est Dr Dre dans son évolution et technique de production. Et là, on est vite rassuré. Bien qu’Em sort moins de punchlines et Dre ne change pas littéralement d’air, ils ont gagné respectivement en profondeur et en finesse. Leur alchimie est totale.
Le démon alter égo Slim Shady refait surface sans décoloration mais sous un angle sensiblement plus introspectif, comme un mélange entre SSLP et MMLP entièrement produit par Dre version 2010.
Après je vais pas répéter ce que j’ai dit dans ma chronique mais une chose est sûre : je suis rassuré et j’attends vivement Relapse 2. BISD pourquoi pas et Detox, ça va être l’apocalypse.
Sagittarius
juin 3, 2009 à 10:42
Oups, ma note : 18/20
Sagittarius
juin 3, 2009 à 10:43
J’ai découvert avec ce Relapse que mon culte pour Em s’était évaporé depuis la sortie d’Encore que j’écoute encore.. tous ça pour dire que j’ai pas du tout apprecié cet opus preferant meme me concentrer sur l’album de Mala … et pourtant j’attendais sa sortie depuis … mais je dois pas etre le seul fa
Nightroad
juin 3, 2009 à 8:53
A vrai dire, je ne comprend pas tellement ceux qui se disent être fan d’Eminem et qui n’aiment pas cet opus. Relapse est du Slim Shady tout craché !
Alors, peut être (et surement) que ça vient des prods de Dr Dre, pas super originales certes mais diablement efficaces quand même. Sinon, si ça ne vient pas des productions, j’aimerais bien que l’on m’explique car je ne vois vraiment pas pourquoi.
escobar56
juin 11, 2009 à 8:49
J’ai Adoré, perso. La déclaration d’amour envers sa mère (encore une!), est très sympa
Bon ya des titres marrants (we made you). Mais ça, on ne peut y échapper avec Em. Le Beautiful est vraiment magique, à en faire chialer plus d’un. Le meilreur pour moi, avec Crack a bottle où la prod est vraiment terrible. Etant fana de Shady, j’ai évidemment plus qu’adoré ce nouvel opus. C’est de bon augure avant le Detox, l’année prochaine (?)
eddy
juin 12, 2009 à 10:42
Album très sympa, c’est marrant au début je détestais 3AM et maintenant je me l’écoute en boucle, le refrain est trop trippant ^^
Sinon ben j’étais curieux aussi de voir ce que valait encore Eminem aujourd’hui, et surtout de voir comment seraient “les instrus révolutionnaires” de Dre … évidemment ce n’est pas vraiment ce que j’attends de Detox, mais bon elles tiennent largement la route et forment une bonne alchimie entre Em’ et Dre
Midnight Marauder
juin 28, 2009 à 11:15
ya tu quelquun qui connais le titre de la 17 chanson de son albul relapse svp
roxannee
octobre 16, 2009 à 1:00