Les chroniques d’Escobar56

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Anthony Hamilton – The Point Of It All 17,5/20

avec 3 commentaires


Après Southern Comfort sorti en 2007, Anthony Hamilton revient avec un opus tout nouveau, tout beau, intitulé The Point Of It All. Ce sixième effort du soulmen s’est fondu dans la masse de sorties Soul/R&B de ces derniers mois. Résultat : l’album s’est retrouvé dans les bacs sans que grand monde soit au courant. Il est vrai qu’à coté des Keyshia Cole, Brandy, Beyonce ou autre Ne-Yo, Anthony Hamilton n’a pas les arguments médiatiques pour espérer rivaliser. Chose regrettable quant on connaît les qualités de cet artiste, qui, lui au moins, continu à faire du vrai R&B sans tomber dans les vices de l’industrie du disque. Etant fan du chanteur, c’est avec un immense plaisir que je vous invite à pénétrer dans l’univers de The Point Of It All, opus chaleureux, classe et idéal pour se réchauffer en cette période hivernale.

Dans le monde de la Soul et du R&B, on trouve un peu tout et n’importe quoi. Il y a les ceux qui perdurent à faire de la musique de qualité, par amour tout simplement, même si les ventes ne suivent pas toujours, ceux (ou celles, généralement) qui ont comprit que pour gagner de l’argent, il fallait désormais se dénuder et se réorienter vers la variété, et enfin, cette nouvelle vague nous venant droit de l’Angleterre, qui évolue dans un style rétro-Soul façon 21ème siècle. Parmi ces trois catégories, où peut on classer Anthony Hamilton ? Probablement dans la première, même si il n’a pas exactement le profil type. En fait, il fait parti d’une génération de chanteur, au même titre que Musiq Soulchild, D’Angelo ou Raheem DeVaughn qui évoluent tranquillement dans un registre variant entre Nu-Soul et R&B ultra posé. Un vrai régal pour les oreilles quand on est fana du style.

Autant le dire tout de suite, ce n’est pas avec cet opus qu’Anthony Hamilton changera son fusil d’épaule. Il persiste et signe dans ce registre café crème, qui lui colle à la peau et lui va si bien. Comme les précédents, The Point Of It All se présente comme un album très personnel, avec très peu, voir aucun invité. Seul le sudiste David Banner à droit aux honneurs sur le relaxant “Cool“. Inutile de chercher à comprendre pourquoi lui et pas un autre, on mettra ça sur le compte de l’instrumental, fort bien chargé en basses. Hormis ce titre, le disque repose essentiellement sur des mélodies planantes, faites de piano, de cymbales et de guitares acoustiques. “The News” entame les hostilités sur une rythmique soutenue et maîtrisée par une boucle de piano mélancolique. Dès les premières secondes, l’orfèvre s’envole dans les aigus. Difficile alors de ne pas succomber au charme de sa voix.

Les morceaux s’enchaînent à merveille dans une alchimie et une homogénéité impressionnante. Lorsqu’une ballade se termine, une autre encore plus subtile démarre, et ainsi de suite. Mais un des meilleurs moment de The Point Of It All a lieu à la septième piste. “Soul’s On Fire“, c’est le titre du morceau, emporte l’auditeur dans la magie et l’univers d’Anthony Hamilton, monde où le R&B a gardé ses lettres de noblesse. D’ailleurs à ce sujet, je voudrais insister sur l’ignorance des médias. Quant on entend à la télé : ” William Baldé, nouvelle sensation Soul ” ou alors ” Le rappeur Akon, habitué des featuring… “, je me dis que la situation est grave et je n’arrive pas à feindre l’indifférence. Après, dans les magasins, je cherche dans le rayon R&B et je tombe sur Rihanna, les Pussycat Dolls et Madonna ! La majorité des gens ne doivent pas porter attention à ce genre de détails, mais moi, j’y peux rien, ça me fait bondir. Prenons “When I Grow Up“, dernier chef d’œuvre en date des Pussycat Dolls, et comparons le à “Her Heart“, chanson présente dans l’album que je suis en train de chroniquer. Après écoute, comment peut on avoir le culot de classer ces deux albums dans la même catégorie ? Je ne comprendrais jamais. Par ailleurs, on m’a souvent fait cette réflexion lorsque je disais que je ne pouvais pas blairer Rihanna et cie : ” Ah, t’aimes pas le R&B… ! » Enfin bon, j’arrête là mes commentaires personnels même si je tiens à préciser que ces ” artistes ” ci ne sont pas à classer dans la catégorie Soul/R&B.

Ce qui pourra déplaire les auditeurs de cet opus sera certainement le manque de prise de risque et le coté ‘déjà vu’ de certaines chansons. Personnellement, ça ne me dérange absolument pas, surtout que The Point Of It All ne contient pas que des ballades. En effet, j’ai déjà cité “Cool” mais je pourrais rajouter l’énergique “Fallin’ In Love“, sur lequel Anthony Hamilton prend une voix de chanteur de blues, le country “Prayin’ For You” et la deuxième partie du morceau, “Superman“, où l’on se croirait revenu en pleine Soul des années 1950.

Et que dire de la fin du disque tant le niveau atteint frise la perfection. La voix de l’artiste enivre littéralement, quant aux productions (signées Kelvin Wooten, Mark Batson, Salaam Remi…) elles ne font que magnifier un ensemble déjà merveilleusement beau. Pour son sixième essai, Anthony Hamilton frappe très fort, mais j’ai envie de dire, comme d’habitude ! Dommage que cet homme n’ai pas la reconnaissance de certains, surtout qu’il le mérite plus qu’eux. Mais telle est faite la musique et se sera toujours ainsi. Reste que The Point Of It All m’a conquit, et j’espère que si vous ne l’avez pas encore écouté, il vous fera le même effet. A coup sûr mon coup de foudre du mois de décembre. Une pépite !

17,5 / 20

3 réponses

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  1. Le père de Lewis est un chanteur !!!

    eddy

    janvier 16, 2009 à 11:56

  2. @eddy : Ouais si on veut, mais un très bon chanteur alors. ;)

    escobar56

    janvier 17, 2009 à 10:52

  3. J’aime bien la chronique, notamment le coup de gueule en scred au milieu… T’as du comme moi tomber des nues en regardant les trucs sur M6 genre “plus vite que la musique” avec son chroniqueur méchu sans culture lol

    Par contre, j’ai moins été emballé par cet album par rapport à son précédent, plus chaleureux je trouve. Les prods de Mark Batson sur celui-ci sont un peu froides…

    Sagittarius

    février 28, 2009 à 1:13


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