Les chroniques d’Escobar56

Chroniques hip hop, soul, pop/rock & black music.

Evidence – The Layover EP 17/20

avec 3 commentaires


Juste après The Weatherman LP et juste avant Cats And Dogs, Evidence nous présente The Layover, une sorte d’amuse gueule avant les fêtes de Noël. Est-ce un EP ? Est-ce un LP ? Avec les normes actuelles on est en droit de s’interroger. Mais peu importe, on retiendra juste que cet opus comporte dix titres d’excellente figure, à mettre au pied du sapin avant le prochain solo. Dernièrement, Evidence s’était mit dans la peau d’un météorologue venu nous présenter la pluie et…le mauvais temps. Et oui, l’homme n’est pas de ceux pour qui la vie est un long fleuve tranquille ou un doux rêve bleuté. Son cœur est ouvert et son esprit est hargneux au point de voir la tempête même quand le soleil brille. The Layover comporte donc dix titres produits par lui ses proches et rappés par lui et…ses proches.

Comme le titre l’indique, ce mini album est une halte dans la discographie de l’homme (surnommé Mr. Slow Flow), une transition entre un excellent premier essai et un deuxième qui s’annonce encore mieux. Le visuel est magnifique et en accord total avec la musique de l’artiste. Un éclairage grisâtre habille une piste d’aéroport et des lignes à haute tension. Un paysage à priori hostile où la lumière et l’espoir ne sont cependant pas exclus, comme le montre le rayon de soleil essayant de percer les nuages.
Evidence place dès le début de l’album “The Layover” afin de montrer qu’il est en pleine escale, comme perdu dans un aéroport en attendant son prochain vol. Coté ambiance, ce morceau transite entre beau et mauvais temps sans nous donner plus d’informations sur la météo des jours qui suivent. A noter les scratches impressionnants de Khrysis, producteur majeur du disque au même titre que The Alchemist. On le retrouve aux manettes dès le second morceau : “For Whom The Bell Tolls” (feat. Phonte, Blu & Will.I.Am). Ici la teinte musicale est nettement plus colorée et s’oppose à des titres austères comme “Solitary Confinment” ou “The Far Left“. L’aspect soulful qui se dégage est sûrement dû à la présence de Phonte qui s’est fait beaucoup remarquer dans cet univers sur son dernier projet avec The Foreign Exchange.

Précédemment j’évoquais The Alchemist. En effet le célèbre producteur californien et grand ami des Dilated People donc d’Evidence offre trois instrumentaux au rappeur, et pas des moindres. Le premier se nomme “So Fresh – Step Brothers” et s’éloigne du style de productions qu’il a pu fournir dernièrement, notamment pour Prodigy. Aucune sonorité crasseuse made in Queensbridge n’est à déplorer ici, en revanche on a droit à une belle séance de djing tout comme sur “The Layover“. Du pur Hip Hop, classique dans la forme mais admirablement réussit dans le fond, pas besoin d’aller chercher plus loin. Pour retrouver le producteur il faut attendre la septième piste, “The Far Left” (feat. The Alchemist & Fashawn). Pour changer le son est plus hardcore, plus street, plus enragé, plus dur. Evidence justifie son surnom en posant toujours avec ce flow anémié qui lui est devenu si caractéristique. Fashawn quant à lui livre un couplet honnête sans marquer les esprits pour autant. En outre la jeune flèche montante de Détroit Elzhi fait très forte impression sur “To Be Determind“, nouvelle tuerie à ajouter au palmarès du Slow Flow. Aloe Blacc chante le refrain et apporte le rayon de soleil supplémentaire, peut être celui présent sur la pochette, qui sait ?

Evidence quant à lui produit deux chansons : le très bon “Don’t Hate” feat Defari et le final “The Cold Weather” sur lequel il rappe en solo pour la troisième fois du disque. Ce dernier titre se rapproche plus de “The Layover” dans la mesure où il ne se classe pas dans une catégorie bien distincte. Quelques gouttes de pluie préviennent de l’arrivée du nuage (le beat), qui est lui-même porteur d’averses (le piano) rendant l’ensemble plus fluide et mélodieux. Mais au final la crème de la crème de cet EP reste le somptueux “Rain Or Shine” (produit par DJ Badu). Tient, tient, Dj Badu…ne serai ce pas le compère d’Evidence au sein des Dilated People ? Si si, c’est bien lui, en chair et en os. Et décidément, l’alchimie s’en ressent. Des lyrics (dans lesquels le MC se remémore sa mère avant qu’elle ne décède) au beat en passant par les voix pitchées et les scratches, tout est beau et merveilleusement bien orchestré.

Au départ Evidence devait simplement nous lâcher quelques titres par ci par là en attendant son prochain vrai solo prévu pour début 2009, mais au final il nous livre un mini album d’une qualité indéniable. The Layover EP est bien plus qu’une modeste escale entre deux projets, c’est carrément une invitation en première classe. Et si cet EP n’est qu’une simple mise en bouche, je frémie d’avance à l’idée d’entendre les premières notes de Cats And Dogs. Les dix morceaux permettent à l’auditeur de rester accroché du début à la fin sans jamais trouver le temps long. Cependant 3 ou 4 titres de plus n’auraient pas été de refus vu la qualité du produit. Si vous avez aimé le premier chapitre de la vie d’Evidence avec The Weatherman, je ne peux que vous conseiller cet opus en attendant la suite des réjouissances. Et si vous n’avez plus de sous, demandez-le au père noël, il se fera une joie de vous l’apporter.

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3 réponses

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  1. Yeep j’ai beaucoup aimé ta chronique, très bien rédigée (une fois de plus ^^) !
    Que dire si ce n’est MA sortie de 2008…J’ai découvert son LP en début d’année et encore aujourd’hui il tourne encore…Je suis complètement fan du bonhomme, ses trips, son univers tout quoi…De plus il s’est très bien s’entourer…
    Vite que je reçoive l’EP en OG qui est d’une très bonne qualité…So Fresh – Step Brothers est pour moi LE morceau du EP…

    Blackout

    décembre 10, 2008 à 4:58

  2. Bah en fait l’album est très bon comme on était en droit de l’attendre et c’est une bonne chose! Le seul truc c’est qu’avec Evidence, les Dilated etc…bah ça n’est “que” très bon et j’ai l’impression que jamais il(s) ne sortira(ont) un truc excellent. Enfin voila c’est le seul reproche que j’ai parce que c’est quand même une des meilleures sorties de l’année, rien à jeter mais il manque LA tuerie

    Abstract Boy

    décembre 11, 2008 à 2:10

  3. Bonne analyse. Je ne suis pas spécialement fan des Dilated et j’ai pas été particulièrement emballé par The Weatherman LP mais cet EP-là, il est d’enfer ! Quelques titres d’une impressionnante qualité et des invités très variés mais qui correspondent à l’ “autre côté” de la Westcoast (hormis Elzhi et Phonte).

    Sagittarius

    janvier 21, 2009 à 1:49


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