Les chroniques d’Escobar56

Chroniques hip hop, soul, pop/rock & black music.

LL Cool J – Exit 13 11/20

avec 4 commentaires


Il y a des gens, des personnalités, des artistes qui ne veulent jamais s’arrêter. Voyez vous ce dont je veux parler ? Ces célébrités qui font carrières depuis des années et des années et qui ne prennent jamais la décision de partir en retraite alors qu’ils ne sont plus au niveau. Parmi ceux-ci nous pourrions citer Fabien Barthez, Jeannie Longo ou encore LL Cool J. Pionnier du hip hop et activiste de ses plus belles heures, James Todd Smith III a aujourd’hui dépassé les quarante ans et n’est donc plus très jeune pour exercer. Mais le problème n’est pas là car à voir Ice Cube et Public Enemy l’age n’empêche pas de faire de la musique de qualité…sauf pour LL Cool J. A la vue de ses derniers travaux ( The DEFinition, Todd Smith ) l’homme semblait bel et bien finit. Ayant pourtant sorti des classiques incontestables du rap à la fin des années 80, il devrait aujourd’hui être respecté de tous. Or sa superbe a pris un sérieux coup de massue. Mettant de coté sa carrière musicale pour se consacrer au cinéma, LL en avait presque oublié qui il était vraiment. Heureusement il s’en est aperçu et nous avais promit un retour aux sources digne de la légende qu’il est. D’autre part ce nouvel opus allait marquer la fin du contrat qui l’unissait depuis vingt huit ans avec le mythique label new-yorkais Def Jam. En hommage à ce divorce, le MC a choisi d’appeler son treizième disque Exit 13.

Durant toute sa carrière, LL Cool J s’est créer une réputation d’adorateur de la gente féminine, comme en témoigne son blaze : Ladies Love Cool James. Cette image c’est consolidée à travers les divers titres très R’n’ B qu’il a pu faire, particulièrement ses dernières années. En suivant cette voie, Cool J a réussi à toucher le fond avec ses deux derniers albums, tout à fait médiocres. Exit 13 avait donc comme devoir de revenir à un rap nettement plus old school et riche de contenu. Et force est de constater que le début suit cette directive. « It’s Time For War » lance les hostilités d’une façon tonitruante; LL Cool J perfore l’instrumental grâce à un flow surpuissant et à des lyrics gonflés d’ego trip. Fausse alerte ! Ce n’était que le début…

Comme il fallait s’y attendre la situation se gâte rapidement. Après un bon « Old School New School » produit par Ryan Leslie, le niveau retombe avec « Feel My Heart Beat », mollasson au possible. Est-ce la présence de 50 Cent qui veut ça ? Probable. En tout cas LL Cool J ne perd pas de temps avant de repartir dans ses escapades musicales douteuses. Tantôt dirty ( “Get Over Here”, “Baby”) tantôt hardcore ( “You Better Watch Me”, “Rockin With The GOAT”), tantôt has been, James Todd Smith patauge. Certes le constat est général, certes tous les titres ne sont pas comme ceux là, certes il a fait de gros efforts par rapport à ces deux précédents essais, mais globalement le MC n’est plus dans le coup.
Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé, comme en témoigne le nombre d’invités. Pas moins de 13 personnalités viennent lui porter main forte sur Exit 13. Parmi eux, Ryan Leslie que l’on retrouve sur le banal « Like A Radio » apporte une touche R’n’ B au morceau sans pour autant réussir à le faire décoller. Si l’on remarque les efforts qu’à pu fournir LL Cool J pour revenir à un rap plus old school, la présence de Grandmaster Caz sur « This Is Ring Tone M… » n’est pas anodine. Une fois n’est pas coutume, cela ne suffit pas. Sur ce morceau, comme sur la majorité du disque le problème concerne le choix des productions. Et pour le coup, celle si est particulièrement insupportable. Même le légendaire Marley Marl vient apporter son expérience en refilant à Cool J une des meilleurs prod. de l’album avec « You Better Watch Me », c’est dire ! Comme par hasard, il faut attendre ce titre pour que la sauce (re)prenne. A croire que notre MC n’est plus capable de briller tout seul.
D’autre part, Exit 13 contient nettement trop de chansons. Quant on est plus en mesure de satisfaire son public des premiers jours, il faut essayer de conserver uniquement le meilleur. Résultat des courses : dix neuf pistes au total, plus d’une heure dix de musique et le sentiment d’un album interminable. Rageant, surtout que tout n’est pas si mauvais. Globalement LL Cool J peut sortir de bonnes idées comme le montre « Dear hip hop », morceau clôturant l’album. C’est ici que se ressent le mieux l’amour qu’éprouve l’homme envers le hip hop. Par ailleurs, « My President » feat. Wyclef comporte également de nombreux points positifs.

Une fois l’écoute terminée, ( si l’on réussi à la faire d’une traite ) un sentiment de calme et d’apaisement s’empare de l’auditeur. Effectivement, à partir dans toutes ces directions, LL Cool J casse les oreilles. Dans l’ensemble Exit 13 est un album qui fait du bruit, si vous voyez ce que je veux dire. Avec cet opus, le gentleman bodybuildé avait comme devoir de reconquérir ses premiers fans et de dire au revoir au label qui l’a vu naître et grandir. Pour ce qui est des adieux, c’est fait. En outre, je doute fort que James Todd Smith reçoive les félicitations du public qui l’a vu grandir.
Lorsque je vous disais que certaines personnes ne savent pas s’arrêter à temps, je pense que désormais vous y voyez plus clair… La reconnaissance est d’autant plus grande lorsque l’on quitte la scène la tête haute. Or, pour quelques uns l’appât du gain semble plus fort que tout.
Mais chaque bonnes choses a une fin Monsieur Cool J. A présent, vous allez pouvoir vous consacrer pleinement à votre petite famille et à votre carrière cinématographique. Quant à nous, nous vous remercions pour tout ce que vous avez pu apporter au rap et à la culture hip hop en général. Malheureusement, c’est presque sans regrets que nous vous disons au revoir aujourd’hui. Radio était votre ticket d’entrée, Exit 13 est le bon de sorti. Merci et bon vent.

11 / 20


4 réponses

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  1. Sur ce skeud-là, j’en attendais que dalle pour être franc, j’étais beaucoup plus en attente de l’album de Ice Cube ou de The Game qui sortait au même moment quasiment. Puis vu que les deux albums westcoast n’étaient au niveau d’mon attente, j’me suis penché sur cet LP. J’suis pas ultra fan du Wu-Tang, mais j’ai bien accroché à l’album. que RZA ne soit pas sur tout l’album est peut-être pour quelque chose mais en tous, l’album s’écoute tranquillement, c’est loin d’être extra par moment mais vu que j’en attendais rien, j’vais dire que j’suis plutot satisfait malgré tout

    14/20

    The HeatMakerz

    octobre 3, 2008 à 9:44

  2. Un album que j’ai bcp apprécié pour sa maîtrise lyricale qui a été très poussée une fois de plus. L’ambiance musicale est un peu inégale certains moments mais en aucun cas elle ne faiblit, jusqu’aux actes finaux.

    Sagittarius

    octobre 15, 2008 à 12:45

  3. Oups, 17/20 pour moi

    Sagittarius

    octobre 15, 2008 à 12:45

  4. Pour ma part j’ai beaucoup aimé, il es vrai que j’ai ete decu par l’album précédent mais pour celui ci jai beaucoup aimer la bonne concordance des fortes lyrics avec le beat derrière …

    17/20 pour ma part egalement

    $tomaC

    septembre 15, 2009 à 10:33


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