Les chroniques d’Escobar56

Chroniques hip hop, soul, pop/rock & black music.

Madcon – So Dark The Con Of Man 14,5/20

avec 2 commentaires


Beggin, beggin you / Put your loving hand out baby / Beggin, beggin you / Put your loving hand out darlin”…
Cela vous dit quelque chose n’est ce pas ? Vous avez eu droit à ce refrain entêtant durant tout l’été. Cela fait des mois que radios, télés, magasins et autres grandes surfaces nous passent et repassent cette chanson en boucle tel un bon tube estival. Mais qui sont ces deux forcenés ? D’où viennent ces inconnus qui ont soudain envahis nos ondes radios en un seul single ? De quelle planète ces deux déjantés proviennent-ils ? Qui supplient-ils ? Et pourquoi le font-ils ? Et bien laissez moi répondre à ces questions en vous présentant ce jeune duo répondant au nom de Madcon et nous venant tout droit de … Norvège. Surprenant pour des rappeurs me direz vous. Alors après avoir entendu maintes et maintes fois leur premier single « Beggin », j’ai voulu m’intéresser davantage à ce groupe nordique, histoire de voir si leurs capacités pouvaient aller au-delà d’un simple titre. La pièce à conviction ( l’album ) est intitulée So Dark The Con Of Man et se trouve depuis quelques mois dans nos bacs. Sortez bonnets, gants et cagoules puis suivez moi, personne n’est à l’abri d’un coup de froid…

Madcon, c’est l’histoire d’un titre, d’un tube, qui a fait le tour du monde et qui ravage tout sur son passage. Mais savez vous qui sont réellement les auteurs de ce morceau ? Si vous vous êtes fait berner, n’ayez pas honte, je suis tombé dans le même piège que vous. En réalité, ce morceau date de 1967 et était chanté par le groupe américain The Four Seasons. Jugez par vous même, la ressemblance est frappante. Mais peu importe, la version de Madcon est tout aussi réussi et ça, c’est le principal. A vrai dire, So Dark The Con Of Man n’est pas leur premier essai. En effet, Yosef Wolde-Mariam et Tshawe Baqwa, les deux membres, avaient déjà sorti un disque en 2004 intitulé It’s All A Madcon. Le buzz n’étant pas aussi important en Norvège qu’aux Etats-Unis, c’est presque normal de ne pas connaître. Nos deux loustics nous reviennent donc avec ce deuxième album studio, on ne peut plus intriguant.

Le délirant « Beggin » se charge d’ouvrir l’opus mais ce qui m’intéresse n’est pas ce single mais le reste. Le second morceau se nomme « Back On The Road » et ma foi, c’est une belle réussite. Les Paperboys, autre groupe local sont invités sur ce titre dont la vibe me fait terriblement penser à certains travaux d’Outkast. A l’écoute de So Dark The Con Of Man, je me suis aperçu d’une chose, Madcon c’est de la déconnade, de la simplicité, de l’humour et une bonne dose de talent. L’album regorge de saveurs, quelles qu’elles soient. L’auditeur se sentira transporté dans diverses ambiances, bercé entre émotion ( « Hard To Read » feat. Noora ; « Blessed » ), rythmes latino ( « Life’s too Short ») et sud américain (“Suda Suda” feat. El Axel). Et quand le milieu du disque viendra, on aura même l’occasion de découvrir nos deux artistes sur un titre aux parfums jamaïcains baptisé « Let It Be Know ». Etrange pour des norvégiens toutes ces sonorités colorées.
Lorsque j’évoquais la ressemblance avec Outkast, c’était non seulement à propos du style musical mais aussi sur la configuration du duo. Tout comme les natifs d’Atlanta, Madcon comporte un chanteur/rappeur et un rappeur pur. Quant à la ressemblance physique entre Tshawe Baqwa et Andre 3000, elle est indéniable…à moins que se ne soit moi qui fabule.
Sur un plan technique, il n’y a rien à dire. Yosef Wolde-Mariam jouit d’un flow rapide et maîtrisé, à la Big Boi ( j’y tiens vraiment à cette ressemblance). Un des gros point forts de ce disque réside dans la diversité musicale proposée. Ne restant jamais dans une thématique unie et sans relief, So Dark The Con Of Man ne cesse de surprendre. La palme du meilleur morceau pourrait revenir à l’avant dernière piste, « Me & My Brother ». Tshawe Baqwa place sa voix à merveille pour donner un effet sensuel au refrain tandis que Yosef Wolde-Mariam fait l’effort de tempérer son flow nerveux dans les couplets. Une très belle balade de plus de cinq minutes. L’écoute globale de l’album se fait rapidement, comme si tout coulait de source. Tshawe Baqwa excelle au chant sur la plupart des morceaux : « Life’s Too Short », « Blessed », « Let’s Dance Instead », « Dandelion », « Me & My Brother ». Coté production ne soyez pas étonné de ne pas vous y retrouver. Encore une fois se sont des producteurs de la région qui se chargent des instrumentaux.

Madcon est l’antithèse d’un rap commercial où trop de ses acteurs prennent la grosse tête alors qu’il n’y a pas lieu. Ces deux là font ce qu’il aiment et s’amusent avec la musique tout en gardant une ligne de conduite exemplaire. Si vous sortez des préjugés et de l’image que l’on peut avoir des tubes matraqués à la radio, je vous conseille vivement de prendre la peine d’écouter ce disque. Vous ne vous prendrez pas la tête et vivrez un agréable moment. Madcon est la preuve que le rap n’a pas de frontières et que même en Norvège il réchauffe les cœurs. Le hip hop est universel et après tout, c’est pour ça qu’on l’aime.

14,5/20

2 réponses

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  1. Je mettrai la même note. Pour moi ce disque “sans Dr Dre” ne surpasse pas Doctor’s Advocate qui était un skeud “all school westcoast” truffés de gros beats.

    Là je comprends pas pourquoi il a choisi Nottz à la prod par exemple, pourquoi ne pas avoir mis du Just Blaze à la place? Sinon il continue de faire évoluer son flow, il régit mieux le concept autour de son pseudo en continuant son name-dropping plus fondu dans ses textes. Mais bizarrement, j’ai le sentiment qu’il va bientôt atteindre ses limites.

    Sagittarius

    septembre 19, 2008 à 8:28

  2. Album que j’ai bien aimé mais qui manque lui-aussi de sons bien bien marquants comme l’ont pu être ces derniers albums avec des bombes tels que Lookin’ At you, Compton, Put You On The Game, Higher ou encore Compton.
    C’est tjs bien produit ds l’ensemble, c’est un projet bien ficelé mais au final j’reste sur ma faim.
    Néanmoins The Game s’est construis une solide discographie en l’espace de moins de 4 ans alors que certains Mcs galerent pour enchaîner de bon projets

    15/20

    The HeatMakerz

    septembre 19, 2008 à 9:25


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