Buckshot & 9th Wonder – The Formula 13/20

“Remember back in the day” rappait Notorious B.I.G. en intro de “Things done changed”, en 1994. Faites travailler vos méninges, remontez le temps et essayez de vous souvenir ce qu’est le hip hop. Si votre mémoire n’est pas trop défectueuse vous vous rappellerez que les composants de cette culture sont le graffiti, le break dancing, le djing ainsi que le mcing. De ces deux dernières pratiques est né le rap, qui, traditionnellement, voyait la présence sur scène du mc et de son dj. L’époque est lointaine, nous avons changé de millénaire et les traditions anciennes se perdent de plus en plus. Cependant quelques énergumènes perdurent à faire vivre cette coutume datant des années 1970.
Trente ans plus tard, la formule mc / Dj est certe rare mais encore de mise et les acteurs principaux sont autres que Buckshot et 9th Wonder. Le premier jouant le rôle du cracheur de rime, le second celui du Dj / producteur.
Pour ce deuxième coup d’essai ensemble, nos artistes se sont (re)mis dans la peau de chimistes afin de nous concocter un produit intitulé The Formula, suite logique à Chemistry sorti trois ans auparavant. Après de multiples expériences comme en témoigne la pochette, il semblerait que les portes du laboratoire « Buckshot-9th Wonder » soient (ré)ouvertes. N’ayez pas peur, entrez sans craintes.
C’est en blouse blanche, lunettes en plexiglasse sur les yeux et tube à essai à la main que nous accueillent 9th Wonder et Buckshot pour de nouvelles formules à appliquer. Pour le producteur, cet album fait office de transition entre son deuxième volet de The Dream Merchant et son prochain solo prévu pour l’été : The Wonder Year. C’est donc en cette période très productive que Patrick Douthit à décider de retourner aux laboratoires en compagnie de son chimiste favoris, Buckshot.
Le procédé expérimentale est tout d’abord abordé dans l’intro « The Forumla ». A première vue, le mélange semble marcher à merveille. L’alchimie est là, Buckshot délivre ses rimes de velours sur un instrumental à la rythmique exotique. Patience, surveillance et délicatesse…le substrat repose.Il faut attendre quelques minutes pour voir l’ajout d’un nouvel élément. Sur le sublime « Be cool », Swan s’additionne à nos deux sorciers pour apporter un supplément de douceur à la solution. Les minutes s’écoulent et la réaction s’effectue calmement.
Alors que « No future » et ses éternels samples de voix succède au très estival et planant « Go all out », Buckshot invite le new-yorkais Talbi Kweli pour un « Hold it down » chargé de nostalgie.
Les titres passent et se ressemblent, la faute peut être à un 9th Wonder en manque d’inspiration. Le producteur reste en effet extrêmement fidèle à son style particulier, fait à base de samples vocaux féminins, qu’on retrouve sur la majeur partie du disque : « The formula », « Ready », « No future », « Only for you », « Just display », « Here we go », « Man listen ».
Ce dernier morceau marque la fin de la formule de nos hommes en blouse blanche. Les phases se sont succédées avec brio et l’heure est au bilan.
Entre le E=MC² de Maria Carey, le nouveau groupe de Masta Ace : eMC et ce disque baptisé The Formula, il faut croire que 2008 est placée sous le signe de la science. L’expérimentation de ce produit a aboutit à un contenu solide, bien produit mais malheureusement beaucoup trop redondant. Une chose est sure, ce n’est pas cette œuvre qui vous fera oublier la patte caractéristique de 9th Wonder. Même si les fans seront à coup sur conquis, le producteur s’essouffle quelque peu tandis que la légende de l’underground Buckshot fait part de son excellent savoir faire.
The Dream Merchant vol.2 nous avait mit la puce à l’oreille, The Formula confirme : il est grand temps que 9th Wonder se renouvelle.
13 / 20
Autant là j’sais pas pourquoi, j’ai beaucoup aimé. C’est loin d’être aussi un énorme album mais j’ai bien été emballé par 9Th Wonder & Buckshot.
J’lui donnerais un bon 15/20.
Une note peut-être elevé et que d’ici 2 mois j’me dirais ” Ah nan il est pas aussi bien que ça ” mais là sur le coup au vue d’la triste année 2008, c’est la note que j’mettrais
The HeatMakerz
août 26, 2008 à 9:49