Les chroniques d'Escobar

Chroniques musique et cinéma

“J. Edgar”, de Clint Eastwood ($*)

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’J. Edgar’ est un grand film, le réveil éclatant d’un cinéaste”, peut-on lire dans les colonnes de Charlie Hebdo le jour de la sortie de cette trente-deuxième réalisation estampillée Clint Eastwood. Alors, réveille éclatant ou agonie progressive ? On pencherait volontiers pour la seconde solution au sortir de la projection de “J. Edgar”, biopic psychologique censé mettre en avant le charisme sans borne de l’homme qui dirigea le F.B.I. pendant près d’un demi siècle. Malheureusement, de cette personnalité hors normes, on ne verra que le penchant homosexuel, secret et manipulateur, tant Eastwood et son scénariste Dustin Lance Black (ne l’oublions pas celui-là !) s’attachent à décrire les refoulements gay de cet anti-communiste paranoïaque. Durant les 2h15 du film qui semblent durer une éternité, le réalisateur de San Francisco s’entête, on ne sait trop pourquoi, à filmer des discussions de bureau inintéressantes et des scènes familiales faussement ambigües pour mieux pénétrer – paraît-il – l’intellect de cet homme mystérieux, sujet à de nombreux fantasmes. Des arrestations sur le terrain et des plongées réelles dans l’univers du F.B.I., nous n’en voyons que des ersatz. La caméra nous embarque, en tout et pour tout, quinze minutes en extérieur, nous offrant qu’une succession de plans grisâtres sertis d’éclairages mornes, sombres et austères, conférant à l’ensemble une dimension quasi funeste. Lire la suite »

Rédigé par escobar56

janvier 12, 2012 à 12:04

Gym Class Heroes – The Papercut Chronicles II ($$)

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Leçon de loose pour les nuls pourrait être le titre d’un livre dont Travis McCoy, le leader et chanteur des Gym Class Heroes, serait l’auteur. En dix ans de carrière, la qualité des albums du groupe new-yorkais n’a fait que régresser, à tel point que le quartet qui retournait les foules durant l’été 2006 (qui n’a pas dansé sur « Clothes Off » ?) ne fait plus vibrer grand monde aujourd’hui. A défaut d’être fondamentalement médiocre, ce Papercut Chronicles II semble surtout incroyablement daté, voire carrément has been. Plus les années s’égrainent, plus les choix artistiques du combo pop/rap deviennent douteux – le refrain d’Adam Levine sur le single « Stereo Hearts » en est la preuve frappante. Pire que cela, la désuétude de ce disque nous amène à penser que, finalement, Gym Class Heroes n’était peut-être qu’un banal groupe de teen-music du milieu des années 2000. Dans ce cas, R.I.P. les gars ! Lire la suite »

Rédigé par escobar56

janvier 3, 2012 à 11:34

Drake – Take Care ($$)

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Avec une popularité qui n’a de cessé de monter en flèche et des centaines de milliers de groupies à ses pieds, le Canadien Drake n’avait qu’à lever le petit doigt pour que son deuxième album soit couronné de succès. Pari tenu,Take Care s’est écoulé à près de 700 00 exemplaires la semaine de sa sortie aux États-Unis. De quoi sabrer le champagne chez Young Money. Pourtant, musicalement, il faut pourvoir tenir la marée. En dix-sept pistes interminables, Drake, fidèle à lui-même, distille un rap d’une platitude sans nom dont les variations se font aussi rares que les moments de bravoure du disque. Et même si son chant s’est amélioré en un an et demi, c’est un R’n’B de bas étage de que nous livre le lieutenant de Weezy sur cet effort qui ne fait que confirmer ce qu’on avait entrevu sur le précédent. Malgré des qualités certaines, Drake est aussi charismatique qu’une huître. Lire la suite »

Rédigé par escobar56

décembre 18, 2011 à 10:47

Publié dans Rap US

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Album de la semaine #1 : Laurent Voulzy – Lys & Love

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Huit ans. Telle est la durée moyenne qui sépare chacun des cinq albums studio de Laurent Voulzy. Même si, entre 2006 et 2008, le chanteur au cœur grenadine a sorti deux disques de reprises (La Septième Vague où il réadaptait des standards du rock sixties et de la chanson française, puis Recollection célébrant les trente ans de son premier classique “Rockollection”), on peut avouer sans crainte que Voulzy sait prendre son temps… et aussi profiter de la vie. Exilé sur les terres anglaises depuis six ans, le Guadeloupéen d’origine semble y mener une vie paisible, bercé par la musique médiévale et les poèmes moyenâgeux, points de départ d’une nouvelle œuvre fascinante et inattendue. Lire la suite »

Rédigé par escobar56

novembre 30, 2011 à 9:10

Oddisee – Rock Creek Park ($$*)

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Difficile de dire du mal d’une œuvre quand bien même elle ne le mérite pas. C’est pourtant la situation dans laquelle nous met le producteur Oddisee avec son dernier effort, Rock Creek Park. Sans être véritablement raté, mauvais où même défectueux, cet album semble dépourvu de toute émotion. Les neuf instrumentaux (plus un titre rappé) s’enchainent dans une harmonie presque inquiétante, conférant à l’ensemble une saveur fade et terne, presque surannée. Rock Creek Park est pourtant un disque à la qualité évidente (« Skipping Rocks »« The Carter Barron »), sans réelles fautes notoires, mais qui manque cruellement d’âme et d’originalité. Un projet relativement quelconque comme on en écoute des dizaines chaque année. Lire la suite »

Rédigé par escobar56

novembre 28, 2011 à 10:13

Publié dans Rap US

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DJ Shadow – The Less You Know, The Better ($$$*)

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DJ Shadow est-il fini ? Après plus de quinze années de carrière et à l’aune de la sortie d’un quatrième album qui ne suscite visiblement aucun émoi, la question mérite d’être posée. Exit l’époque dorée où le californien empilait les classiques avec la fougue d’un jeune premier, exit Entroducing, exit ce bon vieux temps… Alors voilà : Shadow est-il fini ? Et bien non ! En dix-neuf pistes, l’homme qui révolutionna l’abstract hip-hop un soir de novembre 1996 nous prouve qu’il a encore de très belles pages musicales à écrire.The Less You Know, The Better est un voyage virevoltant au fin fond de l’univers lunaire du DJ où s’entremêlent rock progressif (“Border Crossing”), rap old school (“Stay The Course”), trip-hop (“Redeemed”) et psychédélisme. Troublant et fascinant. Lire la suite »

Rédigé par escobar56

novembre 26, 2011 à 11:22

Publié dans Rap US

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Melancholia, de Lars Von Trier ($$$*)

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“Melancholia”, de Lars Von Trier, sorti le 17 août

 Avec Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland…

Richard Wagner, un manoir suédois, la fin du monde… Voilà ce qu’a tenté de mettre en scène le génie danois Lars Von Trier au travers de son nouveau long-métrage, “Melancholia”. Le film raconte la chute de deux êtres, Justine (Kirsten Dunst, impassible) et sa sœur Claire (Charlotte Gainsbourg, bluffante), face à l’apocalypse qui les guette. L’une est dépressive, l’autre follement angoissée. Le réalisateur controversé dresse un huis clos sidérant dont la langueur des cadrages n’est pas sans rappeler la beauté sinistre du “The Tree Of Life” de Terrence Malick, récente Palme d’or à Cannes. Une œuvre déconcertante habitée par la maestria d’un cinéaste hors normes, ulcéré par la trivialité de l’existence humaine. “Melancolia” n’est pas une partie de plaisir, mais un film qui se digère lentement, très lentement, et d’où l’on ressort forcément époustouflé.

Rédigé par escobar56

septembre 23, 2011 à 1:15

“Super 8”, de J.J. Abrams ($$$)

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“Super 8”, de J.J. Abrams, sorti le 3 août

Avec Kyle Chandler, Joel Courtney, Elle Fanning…

Parmi la masse de blockbusters qui déferlent sur nos écrans chaque été, les trois quart, si ce n’est plus, sont bons à jeter sans même passer par la case départ. Et puis, ça et là, une ou deux superproductions tirent leur épingle du jeu. C’est le cas, cette saison, du “Super 8” de J.J. Abrams. En ressuscitant les décors et l’ambiance des grands classiques de Spielberg – son père spirituel – le créateur de “Lost : Les Disparus” a frappé dans le mille. Son histoire de gamins luttant corps et âmes pour mettre sur pied un film réalisé avec une caméra Super 8 est touchante, sincère et pleine de volonté. Malgré un scénario cousu de fil blanc et un happy-end bien pompeux, on prend un plaisir fou à suivre les improbables péripéties de Joe Lamb (campé par un impeccable Joel Courtney) et ses compagnons. LE pop-corn movie de l’été !

Rédigé par escobar56

septembre 22, 2011 à 10:23

Publié dans Cinéma

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